Cela fait déjà plusieurs années que la CFDT réclame une révision de la carte de l’Éducation Prioritaire. Mais également, un changement des règles d’attribution de ce label évitant les écoles orphelines.
L’appartenance à l’éducation prioritaire (REP ou REP+) des écoles est aujourd’hui dépendante du rattachement à un collège de secteur qui est REP ou REP+… La CFDT Education Normandie réclame depuis des années la révision de la carte de l’Éducation Prio. Elle l’attend depuis 2019. Par ailleurs, elle soutient les écoles isolées, en territoire fragile (QPV, TER…), qui sont exclues de l’éducation prioritaire…
Les dernières annonces
Pas de révision de la carte de L’Éducation Prioritaire
Le ministre Edouard Geffray a fait des annonces mi-janvier 2026 concernant des collèges en situation « aberrante ». Le ministère ne veut pas modifier la carte des REP et REP+ car manifestement, il y a un feu rouge de Bercy… D’autant plus que c’est risqué politiquement. Ainsi, il faudrait assumer que peut-être des établissements sortent du dispositif (ou pas, mais il faudrait à tout le moins remettre ce chantier sur la table).
« Je ne crois pas avoir l’espace-temps politique suffisant » pour réformer ce dispositif.
Edouard Geffray, 9 décembre 2025, devant l’Assemblée nationale
21 collèges avec un IPS moyen inférieur à 80 ne sont pas classés éducation prioritaire. Dans l’attente d’une refonte de la carte de l’Éducation Prioritaire (qui n’aura pas lieu avant 2027 à cause des échéances électorales), le ministre souhaite agir et propose des mesures spéciales dès la rentrée 2026.

Contrairement aux 800 collèges ciblés sur des critères liés à la difficulté scolaire, il s’agit ici de répondre à la difficulté sociale aiguë.
- 21 collèges, répartis dans 11 académies (Clermont-Ferrand, Lyon, Montpellier, Versailles, Nancy-Metz, Strasbourg, Créteil, Lille, Guadeloupe, Martinique, Orléans-Tours),

- 66 écoles primaires et élémentaires (pas maternelles) les alimentant, mais pas toutes, seulement celles ayant un IPS inférieur à 90. Les écoles concernées sont parmi celles rattachées aux collèges identifiés. Il ne s’agit pas d’écoles orphelines (voir cet article de la CFDT Education Pays De Loire) qui seront dans un autre plan.
Donc pas de mesure exceptionnelle pour nous…
La fédération CFDT Éducation a déposé un recours au Conseil d’état pour obliger le ministère à réviser la liste des établissements qui ouvrent droit à l’avantage spécifique d’ancienneté, car situés dans des quartiers prioritaires de la ville (dits QPV). Effectivement, il date de septembre 2001…
Les moyens mis en œuvre (à défaut de révision de la carte de l’Éducation Prio) :
- un pôle psy-médico-social complet (avec création brute si besoin d’1 ETP) : 1 psyEN, 1 infirmièr·e, 1 médecin, 1 assitant·e social·e,
- vie scolaire « confortée »… s’il y a des moyens à redistribuer.
- Une gratification IMP pour tous les enseignants et CPE, 1d et 2d (Il n’a pas été question des AED et AESH).
- Une contractualisation CLA qui ouvrira la bonification afférente pour muter à partir de 3 années d’ancienneté dans le dispositif.
- Pour les écoles, la possibilité d’avoir un enseignant surnuméraire (il n’a pas été question de dotation proportionnelle au nombre de classes) sous réserve de rédaction d’un projet éducatif précisant l’emploi de cet·te enseignant·e.
- Une « attention particulière » sur la dotation et le taux d’encadrement de la part des Dasen et Recteur⋅rices mais les moyens qui pourraient être attribués seront des redéploiements.
- Les lycées ne font pas partie des mesures, car ils ne font pas partie de l’EP actuellement.
- La Dgesco a réfléchi à donner du temps (équivalent au système des pondérations) mais il n’y a pas de cadre réglementaire pour sécuriser la mise en œuvre.
- Quelques établissements recoupent le plan 800 collèges sur la difficulté scolaire et ces mesures sur la difficulté sociale. Ils pourront cumuler les avantages.
Enfin, un troisième plan concernera cette fois-ci les écoles orphelines (une centaine) concentrant une forte difficulté sociale, mais n’étant pas rattachée à un collège classé EP.
Première analyse à chaud
Des points positifs…
- Les mesures proposées vont dans le sens d’amélioration des conditions de travail des collègues.
- C’est rassurant que le ministre se rende compte de l’immense difficulté dans laquelle se trouvent les équipes de certains établissements et écoles.
- On peut se réjouir d’un bonus rémunération.
- On peut aussi se réjouir du retour des PMQDC
Mais,
- au prix de « je déshabille Paul au profit de Pierre »,
- les moyens seront des redéploiements,
- on va verser une prime inférieure au niveau REP à des personnels qui devraient relever de REP+,
- il faudra faire un projet dans un délai qui s’annonce hyper restreint pour avoir le PMQDC,
- on n’avance toujours pas vers une refonte de la carte de l’Éducation Prio,
- le ciblage est vraiment très restreint,
- le ministère fait une distinction insupportable entre élémentaire et maternelle,
- pas sûr que cela suffise eu égard à la situation de certains établissements.
